Intervention sur le « Projet de Golf » au conseil communautaire du 10 novembre 2011.

Argumentaire « Projet de Golf » conseil communautaire du 10 novembre 2011.

 

Cher Président, mes chers collègues, je souhaite vous faire part de mes réflexions sur ce dossier selon 3 aspects :

1) le contexte local

2) le contexte économique actuel

3) et l'aspect environnemental

I. Le contexte local :

D’après le plan local d’urbanisme sur lequel nous devons nous prononcer ce soir :

- la population de la CCEPC n’a pas cessé de baisser depuis 30 ans. Cette baisse se situe à 0,37% par an entre 1999 et 2008.

- Les logements vacants à l’échelle de la CCEPC sont très importants, 13% du parc selon la direction générale des impôts.

- Il est probable que les mises en marché récentes et abondantes à Epernay contribuent à l’augmentation de cette vacance.

- On se trouve aujourd’hui face à un stock de logements à vendre. C’est un fait et les professionnels de l’immobilier local nous le disent

- La politique de l’habitat doit nécessairement concerner les patrimoines existants : privés ou publics.

Tous ces constats sortent de notre Programme local de l’habitat,

Comment dans ce contexte pouvons nous proposer un tel projet à nos concitoyens.

Un projet comprenant 55 000 m2 de surface d’habitation à commercialiser, c’est un véritable raz de marée sur l’économie de l’immobilier local.

Beaucoup de chantiers sont en route (parfois à l'arrêt), la plus élémentaire des prudences devrait nous inciter à faire

une pause et à terminer correctement les projets en cours avant d'entreprendre une nouvelle opération qui est loin de faire l'unanimité.

Le quartier Porte sud qui pourrait être un bel aménagement est pour le moment une catastrophe.

Comment allons-nous expliquer aux habitants de ce quartier, ici sous les fenêtres de la CCEPC, qu'on ne peut pas aménager les espaces publics, qu'on ne peut pas faire un coin de jeux pour leurs enfants, qu'on ne peut pas leur poser un lampadaire, mais qu'un peu plus loin, on va aménager un golf, un hôtel de luxe et 55 000 m2 de logements neufs

L'intérêt de nos concitoyens

devraient passer avant celui des amateurs de golf. Terminons les travaux en cours, et attendant, pour les Champs Poulin, prenons le temps d'étudier d'autres possibilités et réfléchissons davantage à leur impact.

 

II.

Le contexte économique actuel, c'est celui de la crise économique et financière. Le Gouvernement nous a présenté un premier plan de rigueur et ce n'est sûrement pas le dernier.

Même si le golf est un sport qui se démocratise un peu, cela reste encore l'activité d'une petite minorité aisée. Quand je vois le coût des investissements et les tarifs pratiqués, je me dis que ce n'est pas la rigueur pour tout le monde.

Alors, on va encore nous bercer avec la promesse d'emplois très hypothétiques et de retombées financières incertaines, On nous l'a déjà fait et à chaque fois, on est plutôt déçu.

Aujourd’hui, vous nous proposez100 hectares mobilisés pour 60 emplois

On nous explique que les caisses sont vides et qu'on doit se serrer la ceinture et on va aménager un hôtel de luxe et un terrain de jeu pour adultes privilégiés.

Selon moi ce projet est une très bonne affaire pour la SAS RESORT GOLF ET SPA CHAMPS POULIN car nous lui cédons à un prix très modique 20 hectares de terres agricoles que l’on va transformer terrains constructibles et dans le même temps nous allons leur louer 70 hectares à un coût dérisoir au vu de l’exploitation commerciale prévue.

Au niveau national le premier plan de rigueur annonce l’arrêt des avantages fiscaux de type « SCELLIER », il me semble très hasardeux dans ce contexte de lancer un programme neuf qui ne trouvra pas preneur.

III. L'aspect environnemental :

Je ne vais pas rentrer dans les détails, d'autres connaissent mieux que moi ce sujet. Mais quelques chiffres quand même :

la consommation d'eau

: le chiffre annoncé par Golfy est de 55 000 M3 par / an et cela me semble être un minimun. C’est beaucoup pour divertir les quelques centaines de membres d’un seul golf. En plus, aucune statégie de récupération des eaux pluviales n’a été prévue, dans ce genre de projet ne devrions imposer nos choix environnementaux.

les terres agricoles

: rien qu'en France, chaque année, l'urbanisation provoque à elle seule la disparition de 60 000 hectares de bonnes terres arables. Cela représente en 10 ans l'équivalent d'un département français au détriment de la nature ou de l'agriculture.

Je ne parle pas de la disparition de

biodiversité et des pollutions qu'un tel projet va engendrer.

Pour toutes ces raisons, je pense que l'aménagement de cet espace mérite un peu plus de réflexions et je pense que la vie démocratique devrait nous insciter à écouter un peu plus ceux qui ont des idées différentes à ce sujet.

Jérémie THEVENIN

Conseiller municipal M.R.C.

Conseiller communautaire



23-11-2011 | 80 vues

Partager


Commentaires


Leo
site/blog
le 13-12-2011 à 03:48:44
pas mal
Poster un commentaire
Merci de recopier le nombre de gauche dans la case ci-dessous (Pourquoi?)

Liens

Voir les articles de la catégorie " Actualités "